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L’art céramique dans le Var
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Cette page consacrée à la céramique varoise vous fait découvrir un savoir-faire aussi ancien que les premiers habitants de notre terroir et toujours en pratique de nos jours à Salernes et Varages.

L’art céramique dans le Var, comme dans tout le bassin méditerranéen, apparaît il y a 8000 ans, au néolithique. Ces 1ères poteries qui naissent avec l’agriculture, l’élevage et le tissage, ont une fonction tout autant utilitaire que rituelle (offrande aux défunts).

A l’époque gallo-romaine, des amphores sont fabriquées à Fréjus qui exporte son estampille dans toute la Méditerranée. Vers les XV° et XVI° siècles, Fréjus était encore un centre majeur de fabrication de céramique et le plus important fournisseur de vaisselle de Marseille !

Mais c’est à partir du XVII° siècle que l’art céramique va vraiment se développer dans le Var et connaître une industrie florissante qui atteindra son apogée au XIX° siècle et perdurera jusqu’au milieu du XX° siècle. Grâce à l’abondance de l’eau, la présence de gisements d’argile pure et fine et de vastes étendues forestières permettant de couper du bois pour alimenter les fours, plusieurs villages du centre et du haut Var, notamment Brue-Auriac, Saint-Zacharie, Lorgues, Villecroze, Barjols, Varages et Salernes, vont se spécialiser dans une production artisanale et industrielle de renom : briquettes, tuiles, tomettes, carrelages, vaisselle…

Aujourd’hui encore, en ce début de XXI° siècle, Salernes et Varages sont réputés pour leurs productions de carrelages, de vaisselle et de poteries.

Musée archéologique de Saint-Raphaël©Var Tourisme / David Latour
Musée Terra Rossa à Salernes©Var Tourisme / David Latour

Salernes est réputé depuis le début du XIX° siècle pour sa production d’un petit carreau rouge hexagonal appelé « tomette ». La qualité exceptionnelle des gisements d’argile de Salernes – argile rouge ferrugineuse – a poussé les fabricants de Salernes à se spécialiser dans la fabrication de ce produit. En 1913, 53 fabriques de carrelage employaient près de 1200 ouvriers et produisaient jusqu’à soixante millions de pièces par an ! Malheureusement, au lendemain de la 2nde Guerre Mondiale, le petit hexagone qui n’est plus à la mode se met à « décliner » et disparaît peu à peu du marché du carrelage. Pour faire face les fabricants vont se renouveler et même s’industrialiser. De nouveaux produits naissent de l’évolution de leur technique de fabrication, comme le carrelage « bordé » aux formes curvilignes (mauresques, fleurs de lis), ou le carrelage émaillé.

En 1970, l’activité de Salernes prend un nouvel essor, avec notamment, le chantier de Port Grimaud, dont les logements auront des sols carrelés de…tomettes et des murs recouverts de carreaux 10 x 10 ! Les producteurs vont livrer chaque mois 3 000 m² de carreaux de terre cuite et 1 500 m² de carreaux émaillés.

Aujourd’hui une dizaine de fabriques de carrelages sont encore en activité à Salernes. Alliant tradition et savoir-faire, elles proposent des produits de qualité, variés et personnalisés. De nouvelles gammes de carrelages sortent qui jouent beaucoup sur les effets de matière, des formes originales ainsi qu’une palette de couleurs et de motifs de plus en plus pointue.

Varages va devenir à partir de 1698 le pays de la faïence grâce à Etienne Armand et Joseph Clérissy, tous deux artisans, qui décidèrent d’y fonder leur manufacture car l’eau coulait en abondance dans ce petit village, une eau d’une excellente qualité ! Ils furent rejoints en 1720 par de nombreux maîtres faïenciers de Marseille, alors frappée par la peste. En 1789 Varages comptait 8 fabriques, 5 moulins à vernir, dont l’activité s’ajoutait à celle des potiers.

Les bouleversements de la Révolution, la mode de la porcelaine, la concurrence du Nord sonnent le glas de la faïence de luxe. Varages s’adapte par une multiplication des produits utilitaires, le plus souvent en blanc. L’arrivée du petit train du Sud-est, dit « train des pignes », sauve les faïenceries et c’est vers 1890 un second départ avec, entre autres, l’original Battaglia. Puis, grâce à l’électricité, les faïenceries se mécanisent.

De nos jours, la production de faïence à Varages se perpétue, aux cotés de la manufacture des Lauriers six faïenceries d’Art mettent à l’honneur une production de qualité, renouant avec les magnifiques productions des siècles passés. Varages offre une importante gamme de produits, arts de la table unis avec une large palette de couleurs ou décorés, luminaires, objets de décoration, etc… Les formes et les décors sont très variés, certains inspirés de la tradition d’autres plus contemporains.

Faïencerie à Varages©Var Tourisme / Wallis
Musée des Arts et Traditions Provençales à Draguignan©Var Tourisme / Wallis

Quelques objets utilitaires provençaux en terre cuite

Bugade : récipient pour faire la lessive (la bugadière c’est la lavandière, la blanchisseuse, la buandière)

Daubière : récipient en terre cuite émaillée pour la cuisson au feu de bois de la daube provençale. Elle peut être ronde, ovale, plus ou moins haute mais elle comporte toujours un couvercle pour effectuer une cuisson à l’étouffé, deux poignées en anse de seau et un petit orifice d’évacuation de la vapeur situé soit sur le couvercle soit sur un manchon.

Gargoulette : cruche poreuse qui permet par évaporation de rafraîchir l’eau qu’elle contient. Le bec étroit permet de diriger le jet directement au fond de la gorge, d’où l’expression boire à la gargoulette synonyme de boire à la régalade.

Potager : construction, sous la hotte de la cuisine, recouverte de carreaux de céramique, et incluant des petits fourneaux à charbon de bois sur lesquels la ménagère faisait sa cuisine. Le potager a été remplacé par la cuisinière à bois ou à charbon.

Rossignol : petit sifflet à eau. Le rossignol est l’un des plus vieux jouets de Provence ; lorsque le rossignol est rempli d’eau et que l’enfant souffle dedans, il émet des trilles semblables à celles du rossignol…

Taraïettes ou terraïettes : dînettes – reproductions en miniature des ustensiles de cuisine avec lesquelles les enfants jouent.

Tian : grand plat en terre cuite émaillée large et peu profond pour la cuisson. Par extension la préparation cuite dans ce plat. Terme également utilisé pour la bassine où l’on faisait manuellement la vaisselle.

Tomette (ou malon) : carreau hexagonal de faible épaisseur et de couleur rouge. Ce carrelage était très apprécié car chaud en hiver, frais en été et facile d’entretien – on peut le laver à grande eau et le cirer.

Toupine : petite jarre de 30 à 40 cms de haut. Son usage se répandit un jour comme seau hygiénique, surtout chez les citadins (qui n’avaient ni tas de fumier, ni pàti dans un jardin).