La citadelle de Saint-Tropez, gardienne du Golfe
Classée monument historique, elle domine fièrement
Saint-Tropez. Sa construction fut entreprise en 1583 par le
Maréchal de Villars. Son donjon en est l'élément le plus remarquable. Il fut achevé en 1607. C'est un massif hexagone, cantonné de 3 tours rondes, entouré par un fossé, auquel on accède par un pont-levis.
Il est couronné par une terrasse et est desservi par une cour centrale. L'ensemble de la citadelle est protégé par un système de douves et de contrescarpes.
Les remparts de la citadelle abritent un joli jardin où des paons circulent en toute liberté à l'ombre de pins parasols.
La citadelle de Saint-Tropez est ouverte au public toute l'année.
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Les chapelles
Chapelle de la Miséricorde
Cette ancienne chapelle des Pénitents, inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, date de la fin du XVII° siècle. L'élément le plus remarquable est sans conteste la porte d'entrée taillée dans de la serpentine verte provenant des environs de La Chartreuse de la Verne à Collobrières.
Chapelle de l'Annonciade
La chapelle ND de l'Annonciade, inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, fut élevée et consacrée en 1514. Elle devint, au début du XVII° siècle, le siège d'une confrérie de Pénitents Blancs qui avaient choisi de soigner les malades sur les navires en quarantaine. Vendue à la Révolution comme bien national, elle reçut diverses affectations. Devenue propriété communale, elle a été réaménagée en 1955 en musée.
Chapelle Ste Anne
Cette chapelle, érigée en 1618 par la communauté de Saint-Tropez reconnaissante d'avoir été épargnée par la peste qui ravageait la Provence, fut dédiée à Sainte-Anne, protectrice des gens de la mer. Classée Monument Historique, elle se compose d'une nef unique, précédée d'un porche d'entrée, de 2 chapelles latérales et d'un logement destiné à l'ermite qui en assurait la garde. D'une architecture très simple, elle s'insère parfaitement dans un site magnifique qui est classé. Elle renferme une belle collection d'ex-voto.
Chapelle de St-Tropez
En ce lieu, depuis le XI° siècle, se succédèrent de nombreuses chapelles qui furent soit détruites par les sarrasins ou les barbares, soit qui s'effondrèrent. C'est en effet ici, selon la tradition orale, qu'aurait été ensevelie la dépouille de Saint Tropez, officier romain converti au Christianisme et décapité à Pise sur ordre de Néron en l'an 68. La barque transportant sa dépouille mortelle se serait échouée dans le golfe de Saint-Tropez. La chapelle qui est arrivée jusqu'à nous date de 1764. Elle est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Les tropéziens très attachés à cet édifice y viennent chaque année en procession solennelle lors de la Bravade pour s'agenouiller devant l'autel où devait se trouver le corps du saint.
La Treille Muscate, la maison de Colette
Le 6 novembre 1925, écrivain et journaliste célèbre, Colette achète à Saint-Tropez, à la Baie des Canebiers, une petite maison pour laquelle elle a le coup de foudre. Elle la nomme La Treille Muscate. Dans le jardin qui descend jusqu’à la mer, du raisin muscat prolifère en effet au milieu d’un hectare d’arbres fruitiers, de fleurs et de légumes. "Je l’ai trouvée au bord d’une route que craignent les automobiles, et derrière la plus banale grille… une maison petite, basse d’étage... sa terrasse est couverte de glycine... la mer limite, continue, prolonge, ennoblit, enchante cette parcelle d’un lumineux rivage (…). Ici je suis libre maintenant de vivre, si je veux, de mourir, si je peux..."
Elle viendra ici tous les étés et c'est dans cette maison qu'elle écrira son livre "La naissance du jour" dont voici un extrait : "Est-ce ma dernière maison? Je la mesure, je l'écoute, pendant que s'écoule la brève nuit intérieure qui succède immédiatement, ici, à l'heure de midi. Les cigales et le clayonnage neuf qui abrite la terrasse crépitent, je ne sais quel insecte écrase de petites braises entre ses élytres, l'oiseau rougeâtre dans le pin crie toutes les dix secondes, et le vent du ponant qui cerne, attentif, mes murs, laisse en repos la mer plate, dense, dure, d'un bleu rigide qui s'attendrira vers la chute du jour."
Elle délègue l'entretien du jardin à Etienne, "le professionnel du sécateur". Elle veut des fleurs qui attirent les oiseaux et les papillons. Elle veut des légumes, car "un jardin doit nourrir". Sa table offre à Kessel, Carco, Dunoyer de Ségonzac et bien d’autres, melons verts, anchoïade, riz aux favouilles, rascasse farcie et beignets d’aubergine, bouillabaisse, aïoli... Dunoyer de Ségonzac dessinera du reste la Treille Muscate et c'est lui qui illustrera le très beau livre écrit par Colette en 1932 et qui porte le nom de la maison "la treille Muscate".
Mais la ville perd peu à peu de son charme et surtout de sa tranquillité. "En 1931, il y avait dix yachts dans le port, une horreur !" dit-elle. La réputation de Saint-Tropez s'étend. Celle de Colette aussi. Il n'est pas rare de voir des curieux devant sa maison. En juillet 1938, elle n'en peut plus, elle écrit à une amie "J'ai une envie terrible de Bretagne et de marées. Si nous en trouvons l'occasion nous dirons adieu à La Treille Muscate, et nous rechercherons un coin de mer vivante." En juin 1939, elle vend la villa à l'acteur Charles Vanel. Mais elle continuera à fréquenter la Provence "Même si le climat ne vaut rien aux vieilles arthrites."
Aujourd'hui La Treille Muscate est propriété privée. Elle est parfois ouverte à la visite lors des Journées Européennes du Patrimoine.
L'église ND de l'Assomption
L'église de Saint-Tropez, édifiée dans le cours du XVIII° siècle, est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Elle se compose d'une nef centrale à 4 travées, séparées par des pilastres ornés de chapiteaux d'ordre ionique et de 2 collatéraux plus étroits. L'ensemble est voûté de croisées d'ogives.
La façade principale d'une élégante sobriété est ornée d'éléments décoratifs hérités du règne de Louis XV. Limitée par 2 colossaux pilastres, elle est couronnée d'un fronton triangulaire orné en son centre d'un oculus et d'une niche abritant une statue en pied représentant Saint Tropez. La porte principale en plein cintre, cantonnée par des colonnes d'ordre ionique, galbées, accolées à des pilastres du même ordre, est surmontée de 3 têtes d'angelots émergeant des nuées. Quant aux 2 portes latérales, également en plein cintre, elles sont couronnées d'urnes en haut relief.
Totalement restaurée entre 1988 et 1990, cette église a été dotée d'un décor intérieur à l'italienne de style fin XVIII° siècle.
Le Château de la Moutte et son jardin à Saint-Tropez
Vers 1856, un sieur Martin de Roquebrune fit construire à Saint-Tropez un château à 2 tourelles appelé Château des Salins. En 1860, Emile Ollivier et sa première épouse, Blandine, fille de Litz, achetèrent la demeure et y entreprirent d'importants travaux d'agrandissement. Ils firent notamment ajouter 2 ailes en retrait, l'une à l'Ouest, pour y loger la bibliothèque et l'autre à l'Est, pour disposer d'une vaste salle à manger. Enfin pour loger son père, Emile Ollivier fit construire, à l'Est, une longue bastide d'inspiration toscane qu'il fit relier à la maison principale par une galerie à arcades.
Le jardin propose de très belles collections de palmiers (à voir notamment une superbe palmeraie de phoenix), de magnolias et de cyprès chauves plantés dans la seconde moitié du XIX°.
En décembre 1998, le Conservatoire du Littoral a reçu le château en donation de Mme Troisier de Diaz, petite fille d’Emile Ollivier. L'ensemble, parc et jardin, est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Aujourd’hui, le site est ouvert au public pour les
Journées européennes du Patrimoine et l’été dans le cadre de
manifestations musicales.
La Villa Lou Pérou, maison d'Eileen Gray
Aristocrate irlandaise installée à Paris en 1902, Eileen Gray a traversé le siècle avec une boulimie de création. Peintre, photographe, sculpteur, architecte, créatrice de meubles et d’objets d’art, ce génie discret a annoncé en France le Mouvement Moderne. Elle travailla aux côtés de Francis Jourdain, Pierre Chareau, Le Corbusier et Rob Mallet-Stevens. Sa clientèle compta beaucoup de gens célèbres parmi lesquels : le Président du Conseil Raymond Poincare, Maurice Thorez, Maurice Martin du Gard, Jenny Bradley, Henri Laurens, Charles Siclis, ou le Vicomte Charles de Noailles.
Construite entre 1954 et 1958, cette villa est l'ultime réalisation d'Eileen Gray, acquise pour remplacer celle de Castellar qu’elle venait de vendre. Elle commence le projet à l’âge de 75 ans et l'achève à l’âge de 80 ans !
A l'origine c'était un vieux cabanon avec une pièce unique qu'elle enteprend de cloisonner pour créer différents espaces, réalisant une remarquable fusion entre les espaces nouveaux et anciens.
Il s'agit donc de la transformation d'une vieille maison en une maison moderne, confortable et lumineuse, mais faisant référence aux traditions locales : le plan en L enserre une grande terrasse en pierres qui est le véritable centre de la maison. La toiture est couverte en tuiles rondes. Les ouvertures sont closes par de banales et traditionnelles persiennes.
Le Latitude 43 - Saint-Tropez
Le vaste ensemble du "Latitude 43" fut conçu en 1931 par l'architecte
Georges Henri Pingusson pour servir de lieu de rencontres d'artistes. Il comportait en plus d'un hôtel d'une centaine de chambres, un casino, un restaurant, une galerie marchande, une piscine, des courts de tennis et des terrains de sport.
Seul rescapé de la pression foncière, l'élément dominant de cette composition, l'hôtel, devenu au début des années 50 immeuble collectif, est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Il a reçu le label "
Patrimoine du XX° siècle" le 1er mars 2001.
Remarquable par sa longue silhouette de paquebot échoué dominant le Golfe de Saint-Tropez, le "Latitude 43" est également remarquable par sa composition architecturale : l'orientation nord-sud permet à chaque chambre de jouir d'une double vue, au nord sur la mer, au sud sur la pinède ; la circulation par des coursives accrochées en porte-à-faux, à mi-niveau, qui dessert les chambres 2 par 2 ; le pilotis permettant de laisser circuler librement les voitures sous le bâtiment ; enfin, le toit-terrasse accessible, aménagé en solarium et marqué par une sculpturale cheminée digne d'un transatlantique.
La Maison du Maure
La porte de la maison dite Maison du Maure, rue du Général Allard à Saint-Tropez, est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Datant de la fin du XVI° siècle, elle est taillée dans de la serpentine verte provenant des environs de La Chartreuse de la Verne à Collobrières. La porte elle-même, en plein cintre, présente une clef sculptée d'une tête de "barbaresque" enturbannée. Elle est encadrée par 2 pilastres reposant sur des socles à têtes de lion qui soutiennent un entablement également orné de têtes de lion. L'ensemble est couronné d'un fronton triangulaire coupé enserrant une urne.
La Maison du Corsaire
Cette maison, située sur le quai Suffren à Saint-Tropez, daterait du milieu du XVII° siècle. Dans les appartements, rien de visible ne subsiste des dispositions d’origine. En revanche elle a conservé un remarquable escalier orné de gypseries : médaillons à l’effigie de divinités antiques, décors de grappes de fruits, oiseaux, putti, trophées d’armes, rinceaux, figures grotesques, animaux réalistes ou fantastiques.
Le nom de la maison relève de la tradition orale issue sans doute des représentations de Mars, dieu de la guerre, et d’autres détails iconographiques des décors, et fait écho au destin maritime de la ville.
La staue du Bailli de Suffren
Cette statue en pied du Bailli de Suffren, élevée en 1886, est l'oeuvre du sculpteur toulonnais Montagne. Elle fut coulée avec le bronze de vieux canons pris à l'ennemi et offert à la ville de Saint-Tropez par Napoléon III.
Qui était le Bailli de Suffren ?
Né en 1729, fils du marquis de Saint-Tropez, Pierre André de Suffren fut admis dès l'âge de 8 ans comme Chevalier de Minorité de l'Ordre de Malte dont il devint plus tard Bailli.
Après avoir combattu sous les ordres de l'Amiral d'Estaing pendant la guerre d'indépendance des Etats-Unis, il se voit confier le commandement d'une division de cinq vaisseaux destinés aux mers de l'Inde. Dès son arrivée, il combat avec fougue et acharnement les troupes anglaises, et leur livre les batailles de Sadras, Provedien, Negapatam, Trincomalé, Gondelour.
Revenu à Paris en 1784, Suffren est nommé Lieutenant Général des Armées Navales, Chevalier du Saint-Esprit, et se voit attribuer la charge de vice-amiral. Comblé d'honneurs, Suffren meurt à Paris en 1788 alors que le Roi venait de lui confier le commandement d'une flotte en armement à Brest.
Tacticien remarquable et combattant intrépide, Suffren reste l'une des plus belles figures de l'histoire maritime, à l'égal de Nelson ou de Ruyter.
Pierre-André de Suffren a passé à St-Tropez une grande partie de son enfance, y découvrant la mer et la navigation. Entre ses campagnes militaires, c'est à St-Tropez qu'il venait se reposer.
La Hune, la maison de Paul Signac
Cette maison, construite entre 1830 et 1850, fut achetée par Paul Signac en 1898 qui en a fit son atelier de peinture. Il y recevait ses amis peintres : Henri Matisse, Henri-Edmond Cross, Théo Van Rysselberghe, André Dunoyer de Ségonzac, Charles Camoin, Marquet (qui comparait Saint-Tropez à Tahiti), Henri Manguin, Dufy, Picabia, Derain, Bonnard...
La maison bénéficie d'une splendide vue sur la mer et d'un joli jardin avec maison de gardien. On y découvre quelques beaux meubles (une banquette-bibliothèque, un grand meuble à papier, une table avec carreaux de faïence, une bibliothèque, 2 cheminées...) tous conçus par l'architecte Octave Van Rysselberghe, frère de Théo, pour son ami Signac.
Véritable lieu de mémoire, cette maison est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Elle est occupée par la petite fille de paul Signac et ne se visite qu'exceptionnellement.