Pourquoi "joute provençale" ? Tout simplement parce que ce sport se décline selon les régions : il y a la joute provençale, la languedocienne, la givordine, la parisienne et l'alsacienne... Et si le principe est toujours le même, à savoir faire chuter l'adversaire sans tomber à l'eau soi-même, les matériels et règles changent selon les régions.
Malgré ces différences régionales, ce sport a une histoire commune très ancienne.
Des bas-reliefs égyptiens attestent de la pratique de la joute dès 300 avant J-C. Mais, ce sont les Romains, durant l'Antiquité, qui l'introduisirent en Gaulle au début de notre ère. Les joutes se disputaient alors dans les arènes. C'est certainement durant le Moyen-Age que l'attribution des couleurs des bateaux a été décidée : le bleu pour le seigneur, le rouge pour le peuple. En 1550 une joute fut donnée en l'honneur d'Henri II et de Catherine de Médicis. A Marseille, des gravures témoignent de combats de joutes en 1720, dans le Vieux-Port.
La joute a donc toujours existé, mais il est clair qu'elle fut longtemps supplantée par les tournois chevaleresques.
Trois siècles après, la joute provençale figure toujours au rang des traditions populaires de la Méditerranée. Les bateaux des jouteurs sont toujours bleu et rouge, mais ce sport s'est structuré. Les pêcheurs de la première moitié du siècle qui pratiquaient la joute lors de fêtes folkloriques ont laissé la place à de véritables sportifs. Des ligues et des comités départementaux ont été créés, les sociétés se sont multipliées, les compétitions se sont organisées.
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