Au V° siècle, Saint Marcel, évêque de Die dans la Drôme, revenant d'un pélerinage à Rome, fit étape au monastère de Saint-Maurice, entre Aups et Barjols, où il trouva la mort.
Avec le temps, le monastère fut déserté par ses moines et tomba en ruines. Seul un fidèle religieux resta pour veiller les restes de l'évêque.
Une nuit, Saint Marcel apparut au gardien solitaire et lui demanda que ses restes fussent transférés dans un lieu "plus religieux". Le gardien fit part de son songe au chapitre de Barjols et à celui d'Aups. Une querelle naquit : Barjols et Aups revendiquant l'honneur de posséder les restes du saint. On décida alors de faire trancher le litige par le Comte de Provence de passage à Brignoles. Celui-ci conseilla aux antagonistes de mesurer la distance qui séparait le monastère de St-Maurice de chaque collégiale. Mais les Barjolais, sur le conseil de leurs amis de Tavernes, appelés depuis ce jour mémorable les «Avocats», s'emparèrent des reliques du Saint et regagnirent Barjols. Cela se passait le 17 janvier 1350.
Or chaque année à cette date un bœuf était sacrifié à Barjols. Cette coutume rappelait la joie des Barjolais lorsque quelques années auparavant, un bœuf les avait sauvés d'une atroce famine. Les tripes fumantes de l'animal, recueillies dans des corbeilles, étaient distribuées, parmi les chants et les danses, à toute la population du village. Au milieu de ce festin bizarre, les ravisseurs des reliques du saint surgirent, ajoutant à la liesse générale. Et c'est tous ensemble qu'ils rejoignirent la Collégiale en de joyeuses farandoles, mélangeant le profane et le sacré. Les Barjolais, ivres de joie, se mirent à sauter dans l'église en chantant : San Macéu, Sant Macèu, li tripeto, li tripeto... La danse des tripettes venait de naître ! Quant au boeuf, il entrait ainsi dans la légende et son sacrifice a tout naturellement été identifié au culte des reliques de Saint Marcel.