Fêtes et traditions provençales

Qu'elles soient données en l'honneur d'un saint patron ou qu'elles soient simplement organisées pour célébrer le cycle des saisons et des moissons, d'origine païennes ou religieuses, les fêtes varoises perpétuent une très longue tradition de convivialité propre aux populations provençales et méditerranéennes. Elles sont la manifestation originale d'une expression populaire qui, à travers rites et coutumes, affirment l'identité de chaque village.

Le Mardi Gras et ses corsos fleuris, le renouveau printannier avec ses arbres de mai garnis de guirlandes, les feux de la Saint-Jean pour célébrer l'arrivée de l'été, la Saint-Pierre pour fêter les pêcheurs, la Saint-Eloi et ses calèches enturbannées, les oursinades, les fêtes de la châtaigne, de la figue, de la cerise ou de l'olivier, les bravades, les romérages, la magie de Noël en Provence...

Dans le Var tout est prétexte pour faire la fête tout au long de l'année ! Alors venez faire la farandole, venez danser la danse des cordelles, venez rire et chanter au son des galoubets, des tambourins et des salves de fusils !

A voir

La foire à la saucisse du Val, vive "messire porquet" !
Voilà une fête toute rabelaisienne qui remonte en l'an de grâce 1628 ! Le 1er week-end de septembre Le Val commémore une permission de Louis XIII pour vendre saucisses et cochonailles.

Au son des galoubets et des tambourins, mais aussi des cors de chasse, les confréries de bouche invitées défilent à travers le village pour célèbrer dignement "messire porquet". Cette fête donne lieu à des repas pantagruéliques auxquels participent jusqu'à 1500 convives avec cette jovialité communicative propre aux amateurs de bonne chère. en savoir +
Les corsos fleuris, le rendez-vous du soleil et des fleurs !
Le corso fleuri fait aujourd'hui partie intégrante de la tradition festive varoise. De février à mai plusieurs villes du Var célèbrent la fin de l'hiver et l'arrivée du printemps. Des chars décorés et habillés de milliers de fleurs défilent dans les rues dans une danse colorée. Une bataille de fleurs vient toujours clôturer cette fête en vous permettant de ramener un petit souvenir. en savoir +
Les Tripettes de Barjols : l'une des fêtes les plus originales de la Provence !
Depuis le 17 janvier 1350, les Barjolais fêtent dignement saint Marcel, le patron de leur village. Cette fête a lieu le week-end le plus proche de la fête du saint, c'est à dire le week-end le plus proche du 16 janvier, et elle donne lieu durant 2 jours à des réjouissances hautes en couleur !

Une procession costumée avec bravadeurs, galoubets et tambourins défile dans la ville. Au centre de la procession, un boeuf enrubanné est mené à l'église par son cortège de bouchers et cuisiniers. Béni devant l'église, il est promené dans les rues de la ville et il est mis à mort le soir.

Le lendemain une grande messe réunit tout le monde à la Collégiale, on promène le buste de saint Marcel dans les rues du villages. Puis le boeuf est mis en broche et rôti sur le Cours au milieu de la liesse générale : les détonations des fusils de bravadeurs alternant avec l'air des tripettes dansé par tous. Le soir venu on déguste le boeuf !!!

La fête dans sa forme actuelle ne tue le boeuf que tous les 4 ans.
Nouvè ! Noël !
Pour les Provençaux, Noël est certainement la fête la plus importante de l'année ; ceux-ci y sont très attachés et les traditions de la période calendale s'étalent sur deux mois.

Le cycle commence le 4 décembre, avec le "Blé de Sainte Barbe" et se termine le 2 février à la Chandeleur... Santons, "gros soupa", "cacho-fiò", treize desserts, messe de minuit, crèche vivante, pastorales... Mais chut... écoutez... un ange passe. en savoir +
Les bravades
Témoignages de ferveur religieuse, anniversaire d'une bataille décisive gagnée en faisant parler la poudre, vacarme pour rompre la solitude, se délivrer de la monotonie du travail, manifestations folkloriques pour rappeler à tous les provençaux que leur Provence tant aimée s'est construite dans la douleur et dans le sang, les bravades sont un peu tout cela à la fois.

Sur tout le littoral varois, et notamment dans le Golfe de Saint-Tropez, les bravades rappellent que les villes ont dû longtemps se battre pour repousser les attaques des Maures, des Espagnols et autres pirates. Des milices locales se formaient pour faire le guet du haut des remparts et scruter la mer et pour se défendre en cas d'attaque ; le danger écarté, elles auraient continué à défiler en souvenir de cette époque.

Traditionnellement ces bravades ont lieu le jour de la fête patronnale, profane et sacré sont ainsi intimement mêlés !

Principales bravades du Var :
Fréjus : la Bravade de la Saint-François de Paule, le dernier week-end d'avril
La Garde-Freinet : la Bravade de la Saint-Clément, le 1er week-end du mois de mai
Cogolin : la Bravade de la Saint-Maur, le 2ème week-end du mois de mai
La bravade de Sainte-Maxime, le 15 mai
Saint-Tropez : la bravade des Espagnols, le 15 juin

Et surtout la Grande Bravade de Saint-Tropez, la plus importante et la plus spectaculaire bravade de toute la Provence : les 16 - 17 - 18 mai
Les joutes provençales, des chevaliers sur l'eau salée...
La joute provençale est un combat sur l’eau entre deux personnes se trouvant chacune sur un bateau, en haut d’un plateau appelé en provençal "tintaine". Le but du jeu consiste à envoyer son adversaire à l’eau au moyen d’une lance. Chaque jouteur est protégé par un plastron en bois et tient dans la main gauche un témoin qui doit l’empêcher d’attraper la lance de son adversaire.

La joute provençale est un sport de passionnés qui se pratique de mai à septembre. C'est un spectacle, ô combien divertissant, qu'il ne faut surtout pas rater !

Les clubs varois de joute provençale : Sanary-sur-Mer, Saint-Mandrier-sur-Mer, La Seyne-sur-Mer, Saint-Raphaël, Fréjus, Agay
La Saint-Pierre, fête des pêcheurs
Célébrée le dernier week-end de juin pour honorer Saint-Pierre, le patron des pêcheurs, mais aussi tous ceux qui ont disparu en mer, cette fête mi-sacrée, mi-païenne est l’occasion pour les pêcheurs de se souvenir, et pour les plaisanciers de s’associer à cet hommage.

La plupart des communes varoises du littoral, de Saint-Cyr à Saint-Raphaël, la célèbre avec éclat pendant 2 jours : processions, défilés folkloriques avec galoubets et tambourins, joutes nautiques, messes chantées en provençal, décoration et bénédiction des barques de pêcheurs, sorties en mer des bateaux avec le buste de Saint-Pierre au son des cornes de brume pour jetter des fleurs et des gerbes en l'honneur des marins disparus, grands repas conviviaux pris en commun autour d'une sardinade ou d'une bouillabaisse...
Les romérages
Lou roumavage en provençal, le romérage en français, ce mot vient de "Roumo viaggi" qui signifie pèlerinage à Rome. On appelle roumiou le pèlerin allant à Rome. Par extension, roumavage a signifié «pèlerinage» au sens large, et s'applique aujourd'hui aux processions des fêtes patronales ou votives d'une paroisse.

Ponctuée de trombonnades, de haltes, de chants et de danses provençales avec galoubets et tambourins, la procession accompagnée des reliques, ou du buste reliquaire, du saint traverse le village et conduit souvent le cortège de l’église à une chapelle ou un sanctuaire proche. Cependant, beaucoup de participants ignorent la signification profonde du rite, se contentant d'un joyeux spectacle touristique vidé de son sens spirituel.

Les plus beaux romérages du Var :
Barjols : le week-end le plus proche du 16 janvier, pour honorer Saint Marcel ; c'est la fameuse fête des Tripettes !
Saint-Maximin : le week-end le plus proche du 22 juillet pour honorer Sainte Marie-Madeleine.
Brignoles : le week-end le plus proche du 19 août pour honorer Saint Louis.
Le Lavandou : le 2ème dimanche de septembre pour honorer Saint Clair.
Les feux de la Saint Jean
Fête du solstice d'été, la Saint Jean, célébrée le 21 juin dans les différents villes et villages du département, est l'occasion de renouer avec le passé agricole et les traditions de la Provence. Auparavant, il était de coutume d'escalader à l'aube la montagne la plus haute pour saluer l'apparition de l'astre nourricier.

C'est à 22 heures que dans tous les villages les bûchers s'embrasent. Des farandoles prennent place autour des bûchers. lorsque le bûcher s'enflamme, la flamme peut atteindre plusieurs mètres, selon le mode de réalisation du bûcher. Lorsque le bûcher est pratiquement consumé, il est de coutume de sauter au dessus du feu !
La Saint-Eloi, fête des chevaux
Ce saint, qui est l'un des saints les plus populaires de Provence, est fêté l'été à des dates différentes d'un village à l'autre.

Cette fête est l'occasion de cavalcades et de défilés de charrettes décorées de fleurs, tirées par des chevaux de trait splendidement harnachés et "pomponnés" pour l'occasion à qui la fête rend hommage en souvenir du temps où le cheval était un outil de travail, un moyen de déplacement et un ami fidèle.

Bravades, galoubets et tambourins accompagnent les chevaux. La cavalcade reste l'évènement le plus attendu de la fête : les cavaliers passent tour à tour et à vive allure devant le parvis de l'église pour recevoir la bénédiction du curé...

Les principales fêtes de la Saint-Eloi dans le Var :
Signes : en juin, en même temps que la Saint Jean
Le Beausset : le 1er dimanche de juillet
Ollioules : le dimanche le plus proche du 15 août
Tourves : en août, en même temps que la Saint Probace patron du village (elle était organisée auparavant en novembre)
Varages, la belle tradition de l'arbre de mai et du feu de la Saint Jean
A Varages dans la nuit du 30 avril au 1er mai, un arbre est abattu dans un endroit secret de la "colline". Son tronc est porté par les bravadeurs de Varages jusqu’à la place de l’église. On l'érige sur la place tel un mât de caucagne et on décore sa cîme de guirlandes et de rubans. On fête ainsi le printemps, période de force et de renouveau de la nature.

Le 1er dimanche de juin a lieu la fête de Saint Photin, Varages honore ce jour là son saint patron. La messe et la procession finie, toute la confrérie de Saint Photin se réunit sur la place de l’église. Le « mai », qui avait été planté un mois plus tôt, est alors offert à Saint Photin en guise de vœux. Les membres de la confrérie se saisissent du « mai » et partent en cortège à la chapelle Saint Photin où l'arbre est dressé.

Plus tard l'arbre est abattu et débité, la couronne de guirlandes conservée. Les membres de la confrérie redescendent les bûches ainsi coupées et la couronne au quartier Saint Jean, où se trouve l’ancienne église de Varages.

Le mât y finira en flammes le 24 juin au feu de la Saint Jean, sous le roulements de tambours et le claquement des mousquets des bravadeurs qui l’accompagnent dans ses dernières lueurs.

Peu de villages provençaux perpétuent cette belle tradition de l'arbre de mai. Varages l'a remise à l'honneur en 2003. en savoir +

Articles

Histoire de la joute provençale

Pourquoi "joute provençale" ? Tout simplement parce que ce sport se décline selon les régions : il y a la joute provençale, la languedocienne, la givordine, la parisienne et l'alsacienne... Et si le principe est toujours le même, à savoir faire chuter l'adversaire sans tomber à l'eau soi-même, les matériels et règles changent selon les régions.

Malgré ces différences régionales, ce sport a une histoire commune très ancienne.

Des bas-reliefs égyptiens attestent de la pratique de la joute dès 300 avant J-C. Mais, ce sont les Romains, durant l'Antiquité, qui l'introduisirent en Gaulle au début de notre ère. Les joutes se disputaient alors dans les arènes. C'est certainement durant le Moyen-Age que l'attribution des couleurs des bateaux a été décidée : le bleu pour le seigneur, le rouge pour le peuple. En 1550 une joute fut donnée en l'honneur d'Henri II et de Catherine de Médicis. A Marseille, des gravures témoignent de combats de joutes en 1720, dans le Vieux-Port.

La joute a donc toujours existé, mais il est clair qu'elle fut longtemps supplantée par les tournois chevaleresques.

Trois siècles après, la joute provençale figure toujours au rang des traditions populaires de la Méditerranée. Les bateaux des jouteurs sont toujours bleu et rouge, mais ce sport s'est structuré. Les pêcheurs de la première moitié du siècle qui pratiquaient la joute lors de fêtes folkloriques ont laissé la place à de véritables sportifs. Des ligues et des comités départementaux ont été créés, les sociétés se sont multipliées, les compétitions se sont organisées.

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La légende de la danse des tripettes de Barjols

Au V° siècle, Saint Marcel, évêque de Die dans la Drôme, revenant d'un pélerinage à Rome, fit étape au monastère de Saint-Maurice, entre Aups et Barjols, où il trouva la mort.

Avec le temps, le monastère fut déserté par ses moines et tomba en ruines. Seul un fidèle religieux resta pour veiller les restes de l'évêque.
Une nuit, Saint Marcel apparut au gardien solitaire et lui demanda que ses restes fussent transférés dans un lieu "plus religieux". Le gardien fit part de son songe au chapitre de Barjols et à celui d'Aups. Une querelle naquit : Barjols et Aups revendiquant l'honneur de posséder les restes du saint. On décida alors de faire trancher le litige par le Comte de Provence de passage à Brignoles. Celui-ci conseilla aux antagonistes de mesurer la distance qui séparait le monastère de St-Maurice de chaque collégiale. Mais les Barjolais, sur le conseil de leurs amis de Tavernes, appelés depuis ce jour mémorable les «Avocats», s'emparèrent des reliques du Saint et regagnirent Barjols. Cela se passait le 17 janvier 1350.

Or chaque année à cette date un bœuf était sacrifié à Barjols. Cette coutume rappelait la joie des Barjolais lorsque quelques années auparavant, un bœuf les avait sauvés d'une atroce famine. Les tripes fumantes de l'animal, recueillies dans des corbeilles, étaient distribuées, parmi les chants et les danses, à toute la population du village. Au milieu de ce festin bizarre, les ravisseurs des reliques du saint surgirent, ajoutant à la liesse générale. Et c'est tous ensemble qu'ils rejoignirent la Collégiale en de joyeuses farandoles, mélangeant le profane et le sacré. Les Barjolais, ivres de joie, se mirent à sauter dans l'église en chantant : San Macéu, Sant Macèu, li tripeto, li tripeto... La danse des tripettes venait de naître ! Quant au boeuf, il entrait ainsi dans la légende et son sacrifice a tout naturellement été identifié au culte des reliques de Saint Marcel.

Le déroulement d'une bravade

Tous les ans le Conseil municipal du village où a lieu une bravade, élit sur la proposition du Cépoun (le mainteneur des traditions en provençal) un Capitaine de Ville (voire un Général !). A Saint-Tropez cette élection a lieu le lundi de Pâques. Ce Capitaine est le Chef de la Bravade de l'année.

Lors de la 1ère journée de bravade, le curé du village bénit les armes puis les autorités civiles de la Ville remettent officiellement au Capitaine de Ville la pique et le drapeau, symboles de son autorité. Les membres du corps de bravade déchargent ensuite mousquets et fusils afin d'honorer le Saint de la Ville et l'ensemble des autorités du village. La procession peut alors démarrer, porte-croix en tête, suivi du corps de bravade et du buste du Saint de la Ville.

A plusieurs reprises, et à maints endroits dans le village, la procession s'arrête pour rendre les honneurs au Saint en déchargeant les fusils. C'est ainsi qu'à Saint-Tropez les bravadeurs réussissent l'exploit de tirer, en 3 jours, plus de 30 000 coups de tromblons et mousquets et d'utiliser près de 400 kilos de poudre !

Le Rode de Basse-Provence

Créé en 1968 à Toulon, le Rode de Basse-Provence regroupe une trentaine de groupes folkloriques du Var qui se produisent tout au long de l'année par petits groupes lors des fêtes votives, romérages, bravades, corsos fleuris... ou en grands rassemblements. Les manifestations organisées par le Rode sont des pures merveilles, elles sont considérées comme la référence en matière d'expression folklorique.

Par ailleurs le Rode de Basse-Provence propose des journées d'études, des stages, des conférences sur la danse, la musique, le costume, animées par des "mainteneurs" passionnés de la tradition provençale. Il édite également les "cahiers du Rode", parutions consacrées à la danse, la musique et le costume provençal.

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Mais qui était Saint Eloi ?

Saint-Eloi (588-660) fut l'évêque de Noyon. Il est surtout connu pour avoir été au service, entre autres, du Roi Dagobert, comme nous le rappelle la célèbre chanson ! Saint-Eloi est également, et surtout, le patron des ouvriers travaillant les métaux (maréchaux-ferrants, charretiers, laboureurs, orfèvres, armuriers...) ainsi que le protecteur des mulets, des ânes et des chevaux.

Selon l'expression provençale, "Sant Aloi es un bouon sant, si fèsto dous coup l'an", qui peut se traduire par "Saint-Eloi est un bon Saint, on le fête deux fois par an". Une fois le jour de la fête religieuse, le 1er décembre, ainsi qu'une seconde fois, le 25 juin, jour du transfert de ses reliques de la cathédrale de Noyon à Paris en 1212. C'est lorsque l'été arrive que les fêtes traditionnelles de la Saint-Eloi réapparaissent.

Chaque commune provençale a adopté une date spécifique, en fonction de son histoire, et chacune a son propre déroulement, même si celui-ci ne varie guère d'un village à l'autre.

Joutes provençales La Celle (Var) - Lou tiatre d'Olioulo Visite du village de VARAGES dan le VAR
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